| ART MOBIL
N° 7, mai 98 Dépôt légal à parution.
ART MOBIL,
9, avenue Saint Donatien,
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| Edito/Bon de souscription
A l'origine de ce numéro 7: ces questions posées à tous les intervenants.
2. Y a-t-il dans votre œuvre une influence régionale ? 3. Peut-il exister une Nouvelle École de Nice ; si oui, quelle doit-être sa stratégie ? 4. Sur quelle base théorique peut se construire une Nouvelle École de Nice ? 5. Si vous deviez rédiger en quatre lignes un manifeste de la Nouvelle École de Nice quel serait-il ? En lisant attentivement ce numéro, et éventuellement
en vous abonnant,
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Distribution
La Galerie du Lundi, tous les lundis, cours Saleya,
NICE, face à La Civette
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L'esprit de jeu présent dans l'introduction
de la réponse de Tirole se retrouve dans beaucoup des autres prises
de position, par exemple lorsque Moya soutient que l'idée de créer
une nouvelle École de Nice «est amusant[e] et cela doit suffire
à la justifier…» Je pense qu'il n'est pas excessif de faire
le rapprochement avec Museo Teo «musée sans siège ni
œuvres» mais surtout «lieu du jeu et de l'ironie» (sans
oublier que le jeu est une chose très sérieuse) : bien au
contraire, je pense que c'est là un des traits communs comme nous
pourrons le constater dans les autres réponses, avec la recherche
d'un nouveau modèle de relations, internes et externes à
l'art.
A la question «Quelle attitude avoir face au
marché de l'art et à sa diffusion?» Pascal-Champollion
répond : «Un mélange de ruse et de naïveté»
parce que «notre génération est pragmatique, jusque
dans sa poésie». «Être soi-même!»
pour Kristof et «Être cohérent et ne pas trop se la
jouer» selon Gilles Chaix. «Savoir se vendre sans se donner,
est-ce la solution?» se demande aussi Tirole, tandis que Moya soutient
que «Il me reste à vivre de mon travail d'artiste et il devient
donc nécessaire d'accumuler les expos» et que «la multiplication
des expos est une des meilleures manières de diffuser l'art».
«Face au «marché» de l'art, système sclérosé
et manipulateur» il faut affirmer l'indépendance et l'autonomie
des artistes, ils doivent s'associer, former des groupes qui s'autogèrent,
s'autoexportent, affirme Albertine sans s'isoler pour autant «tout
en pouvant dans le même temps collaborer, se faire soutenir par des
galeries, des musées, des entreprises...». «Ouvrir et
créer des marchés et des diffusions multiples» nous
dit Alpi, mais ne pas se focaliser sur le marché : «oubliez
le marché et continuez de créer».
La question de l'«Influence régionale»
semble surtout liée à la pratique effective de chaque artiste.
(«La Galerie du Lundi» est assurément «une attitude
typiquement niçoise») et au caractère des lieux («notamment
par rapport à tous les clichés et à toutes les légendes
que Nice véhicule») comme «une influence régionale
socio-climatique évidente, soleil, mer, chaudes soirées d'été»
caractérise une partie des réponses qui, plus romantiques
et moins idéologiques rappellent «les cactées qui forment
des tunnels sur les falaises de Monaco» et comme reconnait Chaix
«nous vivons plus au soleil que nous y travaillons». Plus pragmatique,
Moya réaffirme la nécessité de connaître les
particularité socio-géographiques qui motivent les artistes
de cette région.
«Peut-il exister une Nouvelle École de
Nice; si oui, quelle doit-être sa stratégie?» A
la vision pessimiste de Chollet qui la voit comme «consolation des
artistes niçois de se regrouper pour se sentir moins seuls»
s'oppose Kristof, selon qui «elle existe déjà»
et rappelle la nécessité de «la représenter
ensemble, avec l'expression propre de chacun, pour en faire une force commune».
Ici les réponses hésitent entre la reconnaissance franche
ou la vague possibilité d'existence : «Je préfère
croire qu'il y a aujourd'hui des artistes vivant à Nice, perpétuant
un esprit, proposant une création pertinente, propre à leur
génération…» (Bataillard). «Il doit exister une
Nouvelle École de Nice ou bien on continuera de vivre sur des mythes
en décomposition…» avec la nécessité qui en
découle de «développer une stratégie de l'ouverture»
(Albertine). «Au fait, pourquoi École de Nice ? S'il y a en
ce moment un mouvement artistique actif et fécond sur la Côte
d'Azur, pourquoi le limiter à une redite d'un événement
historique qui a fait ses preuves et son temps?» se demande sceptique
Véronique Pascal-Champollion, qui soutient une revendication d'identité
individuelle et locale («Nous n'avons rien à dire, mais nous
le crierons quand même. Laissez-nous nos parasols, nos pins et nos
pinceaux») sans nier pour autant la nécessité de formaliser
un parcours naturel et de rechercher des moyens de travailler communs :
«À dire vrai, toutes les stratégies sont bonnes pour
peu qu'elles ne soient pas ennuyeuses, des moyens classiques à toutes
les diffusions parallèles comme nous l'avons déjà
expérimenté, avec la Galerie du Lundi ou avec l'Italie (Museo
Teo et Bloom)».
Les réponses sont plus problémati-ques
lorsqu'on en vient à la définition des fondements. A
part «un art résolument d'avant-garde», il semble «qu'il
n'y a pas de lien théorique qui unisse les différentes œuvres…»
(Bataillard). A la question «Sur quelle base théorique peut
se construire une Nouvelle École de Nice?» un des initiateurs,
Lemalin, propose une solution individuelle et partant de l'affirmation
que «l'art c'est les meilleures solutions des matériaux aux
fins de l'esprit» en déduit de «manifester le blanc
: attitude d'être habillé de blanc tous les jours depuis des
années». Plutôt qu'une base théorique semble
émerger l'exigence de formaliser une expérience fondée
sur la pratique. En effet «Ce qui nous concerne plus, c'est le processus
de création et les objets qui en résultent», de là,
la nécessité de rechercher des «points communs entre
les artistes» et «de mettre en oeuvre des manières nouvelles
d'expositions».
La demande de «rédiger un manifeste de
la Nouvelle École de Nice» est accueillie avec perplexité
: «Un manifeste? Cela me semble vaguement contraire à l'esprit
d'une Nouvelle École de Nice...» (Pascal-Champollion). Perplexité
qui transparaît dans le ton joueur des réponses : «Il
y a toujours un peu d'huile d'olive qui coule du pan bagnat sur le pantalon
d'un artiste niçois» (Chollet),
«N ous faisons l'amour avec nos spectateurs
I mmergeons notre cri dans le cri de la foule
C omme détachés de l'art, vivons
sans théorie
E cole arrachée aux bombes et au soleil»
(Albertine), pour conclure avec Alpi : «A bas l'école
et vive Nice»
(Texte original :
Nella frase con cui Tirole introduce le sue risposte
è possibile identificare uno spirito di gioco che si può
rintracciare in molte delle altre prese di posizione, come quando Moya
sostiene che solo l'idea di creare una nouvelle école de Nice «est
amusant et cela doit suffir à la justifier…» Non credo sia
una forzatura per far tornare il conto con Museo Teo «musée
sans siège ni oeuvres» ma soprattutto «luogo del gioco
e dell'ironia» (ricordandosi che il gioco è una cosa molto
seria): credo invece che sia uno dei tratti comuni insieme, come vedremo
in molte altre risposte, con la ricerca di un nuovo modello di relazioni
interne ed esterne all'arte. Alla domanda «Quelle attitude avoir
face au marché de l'art et à sa diffusion?» Pascal-Champollion
risponde: «Un mélange de ruse et de naïveté»
perché «notre génération est pragmatique, jusque
dans sa poésie». «Être soi-même!»
per Kristof e «Être cohérent et ne pas trop se la jouer»
secondo Gilles Chaix: «Savoir se vendre sans se donner est-ce la
solution?» si chiede ancora Tirole, mentre «Il me reste à
vivre de mon travail d'artiste et il devient donc nécessaire d'accumuler
les expos» - sostiene Moya - anche se in fondo «la mulitiplication
des expo est une des meilleure manière de diffuser l'art».
«Face au «marché» de l'art, système sclérosé
et manipulateur» bisogno affermare l'indipendenza e l'autonomia degli
artisti, che devono associarsi, formare dei gruppi dove autogestirsi, autoesporsi,
afferma Albertine, senza per questo isolarsi «tout en pouvant dans
le même temps collaborer, se faire supporter par des galeries, des
musées, des entreprises...». «Ouvrir et créer
des marchés et des diffusions multiples» ci dice Alpi, ma
attenzione al mercato: «oubliez le marché et continuez. de
créer».
L'»Influence régionale» sembra essere
un problema sentito soprattutto in relazione alla pratica reale di ciascun
artista («La Galerie du Lundi» è sicuramente «une
attitude typiquement niçoise») e all'identità dei luoghi
(«notamment par rapport à tous les clichés et à
toutes les légendes que Nice véhicule») così
«une influence régionale socio-climatique évidente,
soleil, mer, chaudes soirées d'été» caratterizza
una parte delle risposte che si fanno più romantiche e poco ideologiche
fino a ricordare «les cactées qui forment des tunnels sur
les falaises de Monaco» e, come fa Chaix, riconoscere que «nous
vivons plus au soleil que nous y travaillons». Più pragmaticamente
Moya riafferma la necessità di conoscere i modelli che motivano
gli artisti di questa regione in relazione alle particolarità socio-geografiche.
Quanto all'interrogativo se «Peut-il exister une
Nouvelle École de Nice; si oui, quelle doit-être sa stratégie?»
alla visione pessimista di Chollet che la vede come «consolation
des artistes niçois de se regrouper pour se sentir moins seul»
si contrappone Kristof, secondo cui «Elle existe déjà»
e richiede la capacità di essere uniti per «la représenter
ensemble, avec l'expression propre de chacun, pour en faire une force commune».
Qui le risposte oscillano tra una presa d'atto di una sua possibile esistenza:
«Je préfère croire qu'il y a aujourd'hui des artistes
vivant à Nice, perpétuant un esprit, proposant une création
pertinente, propre à leur génération…» (Bataillard)
e quella della necessità di ridefinirsi: «Il doit exister
une Nouvelle École de Nice ou bien on continuera de vivre sur des
mythes en décomposition…» con la conseguente necessità
«développer une stratégie de l'ouverture» (Albertine)
e lo scetticismo: «Au fait, pourquoi École de Nice ? S'il
y a en ce moment un mouvement artistique actif et fécond sur la
Côte d'Azur, pourquoi le limiter à une redite d'un événement
historique qui a fait ses preuves et son temps?» si chiede Véronique
Pascal-Champollion, che sostiene una rivendicazione di identità
individuale e locale («Nous n'avons rien à dire, mais nous
le crierons quand même. Laissez-nous nos parasols, nos pins et nos
pinceaux») senza per questo negare la necessità di dare una
forma a un percorso naturale e ricercare degli strumenti di lavoro comune:
«À dire le vrai, toutes les stratégies sont bonnes
pour peu qu'elles ne soient pas ennuyeuses, des moyens classiques à
toutes les diffusions parallèles comme nous l'avons déjà
expérimenté, avec la Galerie du Lundi ou avec l'Italie (Museo
Teo et Bloom)».
Più problematiche le risposte quando si arriva
al dunque, perché, fatto salvo che debba trattarsi di «un
art résolument d'avant-garde», sembra poi «qu'il n'y
a pas de lien théorique qui unissent les différentes œuvres…»
(Bataillard) così che alla domanda «Sur quelle base théorique
peut se construire une Nouvelle École de Nice?» uno dei promotori
dell'iniziativa, Lemalin, propone una soluzione individuale e partendo
dalla convinzione che «l'art c'est les meilleurs solutions des matériaux
aux fins de l'esprit» giunge alla conseguenza di «manifester
le blanc: attitude d'être habillé de blanc tous les jours
depuis des années». Più che di una base teorica sembra
emergere l'esigenza di dare una forma all'esistente fondato sulla pratica,
perché «Ce qui nous concerne plus, c'est le processus de création
et les objets qui en résultent», e quindi la necessità
della ricerca di «points communs entre les artistes» e su quella
«de mettre en oeuvre des manières nouvelles d'expositions».
La perplessità rispetto alla possibilità di «rédiger
un manifeste de la Nouvelle École de Nice»: «Un manifeste?
Cela me semble vaguement contraire à l'esprit d'une Nouvelle Ecole
de Nice...» (Pascal-Champollion) si esprime anche nel tono giocoso
delle proposte: «Il y a toujours un peu d'huile d'olive qui coule
du pan bagnat sur le pantalon d'un artiste niçois» (Chollet),
«Nous faisons l'amour avec nos spectateurs Immergeons
notre cri dans le cri de la foule Comme détachés de
l'art, vivons sans théorie Ecole arrachée aux bombes
et au soleil» (Albertine) per concludere con Alpi: «À
bas l'école et VIVE NICE». )
PANORAMA DE LA CRÉATION
CONTEMPORAINE
Gérard PETTITI, historien et artiste à Monaco (groupe
KAKTUS)
Si " faire école " - par définition - revient à fonder des pratiques artistiques sur un enseignement, alors l'École de Nice est morte dans les années 80 avec la Villa Arson. Mais envisager une École de Nice du troisième millénaire est aujourd'hui chose possible car les acteurs sont déjà là ; encore faut-il s'entendre sur les bases.
| Marie-Aimée TIROLE |
Quelle attitude avoir face au marché de l'art et
à sa diffusion ?
Y a-t-il dans votre œuvre une influence régionale
?
Peut-il exister une Nouvelle École de Nice ; si
oui, quelle doit-être sa stratégie ?
Sur quelle base théorique peut se construire une
Nouvelle École de Nice ?
Si vous deviez rédiger en quatre lignes un manifeste
de la Nouvelle École de Nice, quel serait-il ?
On assiste à un boom dans le nombre des enfants
et des jeunes à Nice
L'image d'une ville de vieux est fausse Nice est seulement
une ville dirigée par des vieux
Une nouvelle école si les besoins en effectifs
se font sentir, est toujours la bienvenue
Le problème chronique c'est les sous-effectifs
en postes de professeurs ;
par exemple : quartier St Roch : à la maternelle
on a supprimé cette année 2 classes, donc 2 postes le jour
de la rentrée, mettant plusieurs enfants de deux ans à la
porte
On a supprimé aussi des postes d'assistantes maternelles
pour des classes de 28 élèves
Chaque année les effectifs diminuent au nom des
restrictions de budget, petit à petit
Pareil pour les hôpitaux.
Une nouvelle école ? il existe un projet identique
une calandrette, école où l'enseignement se fait en Niçois
aux enfants de maternelle, mais la calandrette peut avoir le même
travers que l'école française, ne pas tenir compte de l'histoire
de Nice (bien que la méthode Freinet amène une autre vision
de l'enseignement)
Une nouvelle école ? le problème des locaux
est, il est vrai un problème important mais encore une école
privée uniquement basée sur le bachotage, la réussite
individuelle bof.....
Une nouvelle école où les professeurs formeraient
d'autres profs pour les profs à venir, des profs qui resteraient
toujours dans cette seule école pour les autres profs de cette école,
ça serait une grosse école qui grossirait très vite,
ça serait beau hein ? Je sais pas si on donnerait des bourses ?
on attendrait pour voir
Celà dit il y a énormément de jeunes
à Nice et ils pourront quelques années aller sous des ciels
radieux de Paris pour enfin faire carrière et avoir un bon diplôme...
Ou peut-être pas... ils iront à Berlin ou Londres faire pareil
Réponse question 2 Tout cela pour vous dire aussi qu'une région ça n'existe pas, c'est seulement une conception administrative de l'état
Suite de la première partie Si aujourd'hui
être peintre ou sculpteur se résume à être le
meilleur pour se vendre et à se regarder le nombril qu'ils aillent
tous se faire foutre eux et les marchands
Si l'unique motivation des " artistes " même entre
eux est de se réunir sous un label comme il en existe d'autres types
euuuuh.... je sais pas moi " veau français " ou " porc français
" d'appellation contrôlée, bœuf français garanti qui
n'a pas mangé de farine de viande
Il vaut mieux être clair et se recycler dans l'alimentaire,
le prêt-à-porter, l'artisanat d'art, la vente par correspondance
ou beaucoup mieux : vendre de la bière, en ce moment c'est la seule
chose qui marche bien
oui, créer une nouvelle marque de bière
par exemple et faire des expo pour attirer du monde en rouvrant des pissotières
parce qu'y en n'a plus et que la bière, ça fait pisser (gratuite
si possible)
Je suis obligé de gagner ma vie c'est comme ça,
je suis obligé à marcher avec les autres OK
Je préfère aller peindre des plafonds,
décharger des cagettes plutôt que d'aller faire des courbettes
à une bande de pingouins qui méprise ma famille, notre culture
et une partie de ce que je suis
PS : ça fait un moment que j'ai plus déchargé
des cageots
Quelle attitude avoir face au marché de l'art
et à sa diffusion ?
Face au " marché " de l'art, système sclérosé
et manipulateur, la réaction des artistes peut être de former
des groupes, associations, organisations. Si de telles structures aboutissent,
les artistes s'autogèrent, s'autoexposent, s'autopromotionnent,
selon l'éthique de leur mouvement - tout en pouvant dans le même
temps collaborer, se faire soutenir par des galeries, des musées,
des entreprises...
Il faut développer l'indépendance de l'artiste, l'indépendance financière en premier lieu car elle permet une totale liberté de création. Ce qui ne signifie pas rejet des institutions et des entreprises reliées à l'art, au contraire. Il faut renforcer le pouvoir de l'artiste face à ces structures et travailler à établir une réelle coopération entre les deux mondes pour en finir avec l'alternative traditionnelle : artiste en demande/artiste demandé.
Y a-t-il dans votre œuvre une influence régionale
?
Je pourrais interpréter la violence de certains
de mes travaux comme tirée de la violence que je perçois
dans la ville de Nice, mais aussi dans tout le bassin méditerranéen
et en particulier à l'égard de la femme.
Mais c'est une influence secondaire et de plus le qualificatif de " régional " ne lui est pas vraiment approprié.
Peut-il exister une Nouvelle École de Nice ;
si oui, quelle doit-être sa stratégie ?
Il doit exister une Nouvelle École de Nice ou
bien on continuera de vivre sur des mythes en décomposition, des
cultes klein-i-istes, auxquels on pourra seule confronter une " École
Villa Arson " bien mystérieuse, bien trop institutionnalisée
et plus parisienne que niçoise.
Il faut développer une stratégie de l'ouverture : d'une part par l'indépendance des artistes qui s'autogérant pourraient s'exprimer le plus librement possible et en plus grand nombre, d'autre part par un élan vers le public et le public le plus large possible (idée loin d'être nouvelle, mais loin d'être usée).
Sans être forcément " provinciale ", l'École de Nice est celle du Sud et du soleil : elle sort dans la rue, gueule, manifeste. Elle doit être une palpitation nouvelle au cœur de la cité, de la région et pourquoi pas, donner le hoquet à la capitale. Elle doit s'exposer autant dans les lieux publics que dans les galeries et prendre, de gré ou de force une des premières places dans les débats de la vie publique à l'échelle locale ou nationale.
Sur quelle base théorique peut se construire
une Nouvelle École de Nice ?
Un art résolument d'avant-garde, de tendance plutôt
conceptuelle, et qui casse à tout prix, définitivement et
une bonne fois pour toutes ( !) l'image de l'art-objet, art-décoration.
Nous voulons un art qui parle, un art chaleureux qui
prenne position dans le monde d'aujourd'hui et pas seulement dans le monde
de l'art. Un art dont la théorie est de ne pas en avoir, parce qu'à
force de se regarder le nombril, il a chopé une hépatite.
Si vous deviez rédiger en quatre lignes un manifeste
de la Nouvelle École de Nice quel serait-il ?
N ous faisons l'amour avec nos spectateurs
I mmergeons notre cri dans le cri de la foule
C omme détachés de l'art, vivons
sans théorie
E cole arrachée aux bombes et au soleil
| Maurice
MAUBERT |
Le marché de l'art c'est en quelque sorte
le jeu de l'offre et de la demande.
Si l'offre est supérieure à la demande,
alors on y trouve son compte. Mais malheureusement aujourd'hui c'est l'inverse
qui se produit, d'où crise du marché de l'art, la demande
étant supérieure à l'offre. Pour pallier cela, il
y a peut-être une solution qui ne conviendra pas à tous, mais
c'est déjà ça !
L'idée serait de renverser la vapeur en créant un effet de rareté, et de ne plus montrer son travail dans 30 endroits différents dans l'année, ce qui fait dire à certains que l'artiste par cette profusion d'expositions galvaude son travail et que la créativité serait reléguée au second rang derrière la productivité de masse. Choisir quelques lieux pour y montrer un travail toujours spectaculaire, vocation essentielle des artistes de cette fameuse École de Nice, et drainer par cela des galeries qui s'intéressent à vous et qui ne se seraient jamais manifestées avant.
Si l'on entend par régionale une réalité géographique, je dirais non. Mon appartenance régionale ne se situe que dans l'idéologie qu'avaient véhiculée mes pairs, les nouveaux réalistes, et je ne crois pas qu'à leur époque eux-mêmes ils se soient montrés plus influencés que ça par la région. Car les idées que je véhicule à travers mon travail ne sont pas spécifiquement, tant sur le fond que sur la forme, liées à un particularisme régional mais plutôt à une vision globale et universelle.
Je ne crois pas qu'au sens stricto senso du terme il puisse y avoir une nouvelle École de Nice, mais plutôt une continuité avec les patriarches de la Nouvelle Réalité. Les choses évoluent et les artistes avec.
La dernière génération dont je fais partie a conscience qu'une nouvelle approche en art doit se faire sans toutefois, et c'est là toute la difficulté, tirer un trait définitif sur ce qui s'est fait avant.
Justement (et c'est là l'aspect novateur) sur aucune base théorique. Car l'histoire montre que parfois la théorie tue dans l'œuf la pratique. Alors pour une Nouvelle École de Nice il faut une réalité pratique qui découle directement de l'aspect spectaculaire de la chose. Renouer avec les happenings, les interventions publiques autant qu'éphémères. Re-donnons à voir du spectacle, et pourquoi pas du ludique. C'est par ce genre d'approche que nous pourrons amorcer une éventuelle nouvelle École de Nice.
Par notre singularité nous donnons à voir autrement
Nous donnons à penser autrement
Nous sommes le G.A.N.G. de la nouvelle donne
Nous sommes le Groupe d'Artistes Niçois
Géniaux
Mais attention car il faut en rire
HENRY KALAM oct. 1997
Fidelio, sponsor
officiel de la Nouvelle École de Nice
1. Quelle attitude avoir face au marché de l'art
et à sa diffusion ?
Il existe une telle différence entre les années
60-70 et les années 80-90 qu'on ne peut envisager une attitude déjà
connue. Il y a trop d'artistes, l'avant-garde peut se vivre en fonctionnaire,
l'opposition au système est institutionnalisée et instrumentalisée
par les services de presse de la moindre ville de province.
Les lieux d'expo se multiplient et l'ingénierie
culturelle, les relations art-entreprise sont devenues le mythe à
la mode. Si l'on ajoute que nous avons vu l'échec idéologique
de la plupart des mouvements artistiques où par exemple ceux qui
voulaient détruire le Musée ne veulent plus en sortir on
comprendra que l'attitude de l'artiste aujourd'hui soit plus finement stratégique,
moins perceptible immédiatement et utilisant les éléments
conceptuel et matériel de l'art comme des outils à des fins
qui sont au-delà des arts plastiques en tant que médium spécifique.
Mon caractère me pousse à accumuler les interventions et
les expos. Cette attitude ne favorise pas l'obtention de bourses ou de
subventions. N'ayant pas l'intention d'être prof, de plancher sur
des demandes de bourses ou de "travailler" il me reste à vivre de
mon travail d'artiste. La multiplication des expos est une des meilleures
manières de diffuser l'art. Les solutions les plus simples sont
les meilleures. Je tente d'avoir une grande stratégie globale qui
mène mon travail et j'évite les petites stratégies
(raréfaction volontaire de l'œuvre, choix des expos, raréfaction
de l'artiste...)
2. Y a-t-il dans votre œuvre une influence régionale
?
L'attitude que je décris précédemment
me vient sans doute de mes origines espagnoles, elle est déjà
une attitude "du sud" en opposition à une attitude du nord "protestante"
qui privilégie l'absence, le manque, l'altérité et
la culpabilisation de l'artiste et du regardeur. En ce sens je suis déjà
dans une optique régionale ; mais Nice et la côte ont deux
particularités supplémentaires : nous sommes dans une région
balnéaire et nous avons vu et voyons passer les artistes au faîte
de leur gloire, riches et heureux. Notre modèle est celui des vacances
de la gloire et de la réussite facile. Sans cette compréhension
des modèles qui ont motivé les artistes de cette région
on ne peut comprendre la particularité de l'École de Nice.
3. Peut-il exister une Nouvelle École de Nice
; si oui, quelle doit-être sa stratégie ?
Créer une nouvelle École de Nice est amusant
et cela doit suffire à la justifier. Que personne n'y croit n'a
aucune importance. Nous n'avons aucun scrupule à utiliser (sans
le revendiquer) ce terme pour des raisons purement stratégiques.
Cette utilisation ne signifie pas pour autant une admiration pour l'École
de Nice dans sa totalité. Si l'École de Nice a vraiment une
importance, elle n'a rien à craindre sinon elle pourra toujours
profiter de la publicité que nous lui apportons. Il n'y a plus de
grands mouvements internationaux car il y a trop d'artistes et trop de
possibles, il n'y a plus que des sites (voir Internet) et des situations.
4. Sur quelle base théorique peut se construire
une Nouvelle École de Nice ?
Sur les points communs entre les artistes. Sur le fait
que si les "Nouveaux réalistes" fournissaient de l'objet, notre
problème serait plutôt de fournir de l'information. Peut être
également sur la nécessité de mettre en œuvre des
manières nouvelles d'expositions, de musées, en oubliant
les modèles américains et du nord de l'Europe qui donnent
aux architectes, aux décorateurs et aux curateurs la place prépondérante
que dans ce contexte ils méritent. Les artistes sont responsables
de la faiblesse de leur position mais ils doivent reconquérir leur
place en trouvant de nouveaux moteurs à l'art. Il y a sans doute
à théoriser les moyens de reprendre une puissance perdue
; la seule, unique et dernière solution est de passer par l'artiste
qui est le dernier élément spécifique de l'art contemporain
et qui pour l'instant n'existe que par la force de sa prétention
et la nécessité de remplir des espaces culturels. Il faut
dépasser le cloisonnement entre les média qui permet à
un critique de cinéma de juger un film sur la base de l'histoire
du cinéma alors que les grands films sont au-delà de ces
classifications héritées d'une culture littéraire.
De même je n'ai aucune envie, plutôt abandonner pour faire
autre chose (de la télévision) si c'est le cas, d'être
l'artiste d'un médium spécifique "les arts plastiques". Je
veux être l'Artiste de la culture orale, l'artiste chamanique qui
se sert du "Médium" (de tous les média : art contemporain,
musique, vidéo, cinéma, TV, danse, dessin animé...)
à une fin unique : affirmer la présence de l'humain.
5. Si vous deviez rédiger en quatre lignes
un manifeste de la Nouvelle École de Nice, quel serait-il ?
POUR UNE NOUVELLE ÉCOLE DE NICE
1. Quelle attitude avoir face au marché de l'art
et à sa diffusion ?
Je crois que l'attitude face au marché est très
simple : tout est bon, la sélection ne peut se faire que s'il y
a beaucoup de demande mais j'aurais une préférence pour montrer
des dossiers et utiliser les moyens des municipalités en utilisant
leurs lieux culturels. Petit à petit, être cohérent
et ne pas trop se la jouer.
2. Y a-t-il dans votre œuvre une influence régionale
?
Depuis 17 ans, je peins dans la région. Je crois
que c'est vite vu. Couleurs, thèmes, facilité du travail.
Nous vivons plus au soleil que nous y travaillons, ce qui est très
important, on se connaît tous et tout le monde se croise ou a déjà
exposé et montré ensemble nos travaux sans toujours être
soutenus par les décideurs.
3. Peut-il exister une Nouvelle École de Nice
; si oui, quelle doit-être sa stratégie ?
Cette appellation Nouvelle École de NICE ne peut
être qu'une résolution commerciale à notre problème
car je pense que le thème et notre façon de peindre sont
en réaction à nos prédécesseurs... ceux-ci
utilisant l'objet pour se l'approprier, le détruire, le reconstruire,
le modifier donc une façon de jouer avec la société
de consommation ou de la condamner. Maintenant qu'ils ont cassé
l'objet, nous sommes libres, et cette liberté est difficile à
aborder, le sujet étant plus important que l'objet. Qu'est-ce que
le sujet, Dieu, l'homme, la parole, l'état d'âme. Le sujet
doit reprendre la parole et chaque artiste doit trouver sa solution mais
arrêter la compétition car l'objet
4,5. Sur quelle base théorique peut se construire
une Nouvelle École de Nice ?
Si vous deviez rédiger en quatre lignes un
mani-feste de la Nouvelle École de Nice, quel serait-il ?
Pour ce qui est du manifeste j'ai il y a quelques mois
écrit quelques slogans de ras-le-bol régional car tout est
bloqué, il y manque vraiment beaucoup de communication. Lutter pour
des clopinettes... La vie est dure dans le sud. Mais si je devais faire
un manifeste de la Nouvelle École de Nice ce serait en ces termes.reprendrait
le dessus. Il faudrait savoir jouer et doser les rapports de force, technique
et sujet. Pour la technique, je crois qu'on a tout vu, maintenant il ne
nous reste plus qu'à résoudre.
manifeste 97 :
- un éventail le plus large des artistes du
sud
- sincérité personnelle et amateurisme
professionnel
- après la figuration, après l'abstraction,
la simplicité
- compréhension d'une dualité
- changement et évolution
- enclencher une recherche sur la naïveté,
même si cela me paraît utopique car celle-ci nous amène
sûrement à une simplicité et un vocabulaire plus global
1. Quelle attitude avoir face au marché de l'art et à sa diffusion ?
Ouvrir et créer des marchés et des diffusions multiples.
2. Y a-t-il dans votre œuvre une influence régionale
?
Le fait d'intervenir chaque lundi sur le cours Saleya
au sein du marché à la brocante avec «La Galerie du
Lundi» me semble être une attitude typiquement niçoise.
Œuvres, performances, personnelles et d'artistes invités,
sont données à voir à un public de hasard.
Dans ce sens j'ai trouvé un autre marché,
une autre diffusion spécifique mais pas différente du désir
d'être hors les murs, qu'avaient certains niçois premiers.
3. Peut-il exister une nouvelle École de Nice
; si oui, quelle doit-être sa stratégie ?
La 2 répond à la 3. Si c'était une
stratégie, elle est mise en place depuis Noël 91, mais il y
a comme un rideau de fumée, qui me protège ou m'isole.
Il y a un antagonisme dans cette durée, jusqu'où
faut-il aller ?... Peut-être cette durée contredit-elle la
spontanéité initiale ? Peut-être une telle initiative
doit-elle se passer de stratégie ?
4. Sur quelle base théorique peut
se construire une Nouvelle
École de Nice ?
- s'affranchir en toutes choses ;
- cesser d'être aux ordres ;
- cesser d'avoir peur ;
- brûlez votre dossier d'artiste ;
- brûlez votre carte d'artiste ;
- l'artiste c'est vous.
Et surtout oubliez le marché et continuez
de créer.
5. Si vous deviez rédiger en 4 lignes un manifeste
de la Nouvelle École de Nice quel serait-il ?
A bas l'école et VIVE NICE, personne ne
peut nous aliéner ce lieu géographique, dans lequel nous
vivons aujourd'hui, ici et maintenant et où d'autres ont vécu
en leur temps...
| NICE
Cooking Art, 14 février 1998 Exposition présentée par ART MOBIL, et par la Galerie du Lundi à la Galerie Art 7 / Galerie des Antiquaires ART MOBIL et le MUSEO TEO, de MILAN, ( «musée sans lieu ni œuvre»), animé par Giovanni BAI et Teo TELLOLI, poursuivent leurs échanges artistiques entre MILAN et NICE (en 97, exposition «Overtime» à Antibes, en janvier et exposition «Ex-voto» à Mezzago en avril), en apportant à NICE cette exposition collective qui a déjà beaucoup voyagé en Italie. Le N° 12 de MUSEO TEO, était consacré à l'art culinaire, chaque artiste ayant été prié de créer une recette. «... Les artistes ont librement butiné dans diverses traditions régionales ou dans les cuisines internationales ; certains ont bouleversé méthodes et procédures, d'autres ont fait des citations, des variations sur le thème, des références à des maîtres : exactement comme il advient dans toutes les formes d'art...» (Teo Telloli). Les artistes d'ART MOBIL (Alpi, Bai, Chaix, Champollion, Groupe Kaktus (Pettiti, Lesueur) Lemalin, Moya, Tirole...) ont participé à l'exposition avec des œuvres durables ou éphémères, dont beaucoup ont été consommées lors d'un vernissage mémorable. Rendez-vous à ART JONCTION, stand presse ART MOBIL/MUSEO TEO. Sortie du MUSEO TEO N° 13 : "LA CITTÀ DEI LUOGHI" Présentation le 9 juin à Milano, chez Spatia Edizioni. MUSEO TEO, via Aselli 14, 20133 Milano, Tel/Fax 02/713184, e-mail: gbai-mteo@rocketmail.com Théâtre Lino Ventura Exposition organisée par l'association ARCAS (Association Recherche Création Artistique Sociale), dans le cadre de la 5ième édition du festival L'AUTRE EMOI, du 22 mai au 26 juin. Théâtre Lino Ventura 168, bd de l'Ariane, NICE tél. 04 93 27 37 37. MONACO
BEAULIEU
PARIS
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ART MOBIL et MUSEO TEO, présents
à ART JONCTION 98, stand presse.
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