Acrylique sur marouflage ou sur résine et papier enduit
50x50
cm, 2003
Une madone
d’aujourd’hui
Il
est un thème que l’on croyait oublié : celui des madones. Véronique
Champollion le réveille en peinture, elle en fait un thème d’aujourd’hui.
Une mère à l’enfant
sur un fond de billets verts, une autre parée de buildings la nuit. C’est la
« Madone des buildings ». Il y a aussi la Vierge noire, drapée dans
sa dignité d’affiche pliée, « Notre-Dame de la Garoupe », sur un
fond de journal et de collages ou le « Couronnement de la Vierge »
issue du thème « Les histoires de l’Histoire de l’Art ».
C’est un thème éternel, une mère à l’enfant… Un thème toujours
renouvelé.
Se déclinent ensuite la fuite en Egypte, la Cène, le
Jugement dernier. On reste confondu devant tant d’archétypes pourtant si
actuels…Viennent ensuite un florilège de saints pourtant si présents en
Provence : Marie-Madeleine, belle pour l’éternité, sainte Dévote, sa
palme à la main, et les trois Maries venues de la mer.
Et juste là, les êtres ailés issus de la Mythologie
grecque : ici, une Victoire légèrement vêtue tenant une couronne de
lauriers. Là, une autre pleurant devant un navire de guerre. Thésée,
mi-humain, mi-divin n’est pas loin. Les divinités surgissent de la mer :
les Néréides, Poséidon et Amphitrite, comme ces statues flottant au large
d’Antibes, souvenir du temps de l’Antipolis grecque. Et la chute de l’ange
rappelle celle d’Icare.
Les techniques utilisées
par Véronique Champollion sont diverses. Un dessin au contour très sûr, des
couleurs à la palette iridescente s’allient à un fond composé de simples
affiches ou de collages. C’est l’irruption de la modernité dans le Mythe,
de l’éphémère dans l’infini, du quotidien dans l’éternel. C’est
aussi une manière de nous rappeler qu’aujourd’hui aussi nous vivons
l’amour d’une mère pour son enfant, du père pour sa famille, de l’ange
pour l’Humanité. La figure humaine n’est pas morte, elle revient en force,
il suffit de regarder le succès de la photographie en art.
Plus loin, d’autres
thèmes toujours issus de l’Histoire de l’art sont repris sous des formes détournées.
Vélasquez s’invite sur des affiches de cinéma, les « Ménines »
sur des tirages argentiques. Un portrait de Van Gogh sur l’affiche de la
« Momie ». La Joconde revisitée et toujours aussi belle et mystérieuse.
Certaines œuvres sortent du cadre pour vivre en 3 dimensions, tels des
hauts-reliefs, presque des ronde bosses.
Il est sûr que si
les œuvres de Véronique Champollion parlent à notre âme, c’est parce que
l’art est « d’essence divine »… Une magistrale réinterprétation
de l’Histoire de l’Art, où l’humour n’est pas oublié.
Corine Roos-Valentin, 2007


Madone-ville, Milan Triennale, h 48 cm 2007 Vierge
noire, h 1,8 m,
2004



Madone de Fontvieille, h 60 cm, 2005
20x20 cm,
2003 Madone de
Rezzo, Ligurie 15e
siècle
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